Jeudi 27 août
Munich historique — tout à pied
🏛️ 10:30 Marienplatz & Neues Rathaus
Helmlechner / CC0 — Wikimedia Commons
Cœur historique de Munich. Carillon du Glockenspiel vers 11h et 12h — se placer sur la place quelques minutes avant.
La place centrale de Munich depuis la fondation de la ville en 1158 : c'est ici que se tenaient le marché, les tournois et les exécutions. Elle doit son nom à la colonne mariale dressée en 1638 pour remercier la Vierge d'avoir épargné la ville pendant la guerre de Trente Ans — les Suédois l'avaient occupée sans la détruire.
L'hôtel de ville néogothique qui la domine n'a rien de médiéval : il a été bâti entre 1867 et 1908, à une époque où la Bavière s'inventait un passé de pierre. Sa façade de 100 m est plus longue que celle de bien des cathédrales.
Le carillon se met en marche à 11h et 12h (et à 17h en été) : onze minutes de figurines grandeur nature. En haut, le mariage du duc Guillaume V avec Renata de Lorraine en 1568 ; en bas, la danse des tonneliers, née dit-on après une épidémie de peste, quand il fallut convaincre les Munichois de ressortir de chez eux.
📍 Marienplatz 8, 80331 München
🏛️ 11:45 Frauenkirche (cathédrale Notre-Dame)
Martin Falbisoner / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Les deux dômes en bulbe emblématiques de la ville.
Bâtie en vingt ans à peine, de 1468 à 1488, en brique — la pierre de taille coûtait trop cher pour une ville de marchands. L'architecte Jörg von Halsbach est mort avant de la voir finie.
Les deux dômes verts qui font la silhouette de Munich sont un ajout de 1525 : les flèches gothiques prévues n'ont jamais été construites, faute d'argent, et on a coiffé les tours de ces « bonnets welsches » venus d'Italie. L'accident est devenu l'emblème de la ville.
Elles culminent à 99 m, et depuis un référendum de 2004 aucun immeuble du centre n'a le droit de les dépasser. À l'entrée, une empreinte de pied dans la dalle : la légende veut que le diable l'ait laissée en riant de ce que, depuis ce point précis, on ne voyait aucune fenêtre.
📍 Frauenplatz 12, 80331 München
🍽️ 12:30 Déjeuner au Viktualienmarkt
Maximilian Dörrbecker (Chumwa) / CC BY-SA 2.5 — Wikimedia Commons
Marché en plein air, stands de spécialités et biergarten central.
Le marché alimentaire de Munich se tenait sur la Marienplatz jusqu'en 1807, quand le roi Maximilien Ier Joseph l'a chassé de la place, devenue trop petite. Il ne s'est plus jamais déplacé depuis.
Les 140 étals occupent deux hectares en plein centre : fruits, fromages, épices, gibier, fleurs. Les emplacements se transmettent souvent dans la même famille depuis plusieurs générations.
Au milieu, le mât de mai bleu et blanc porte les enseignes des corps de métier, et le jardin à bière à son pied change de brasserie au fil de l'année pour ne froisser personne. Tradition locale : on peut y apporter son propre casse-croûte, à condition de payer sa boisson sur place.
📍 Viktualienmarkt, 80331 München
🖼️ 14:30 Résidence de Munich & Hofgarten
Wilfredor / CC0 — Wikimedia Commons
Ancien palais des Wittelsbach : appartements d'apparat, Antiquarium, trésor. Le Hofgarten attenant se traverse librement.
Les Wittelsbach ont régné sur la Bavière pendant 738 ans, de 1180 à 1918, et cette résidence a été leur maison pendant plus de cinq siècles. Commencée en 1385 comme un simple château fort à l'angle nord-est des remparts, elle a grossi de génération en génération jusqu'à devenir un dédale de dix cours et de 130 salles.
L'Antiquarium, construit de 1568 à 1571 pour la collection d'antiques du duc Albert V, reste la plus grande salle Renaissance au nord des Alpes : 66 m de voûte peinte, éclairée par deux rangées de fenêtres.
En 1944 et 1945, les bombardements n'ont laissé que des murs debout. Tout ce que l'on visite aujourd'hui a été relevé pièce par pièce pendant quarante ans, à partir de relevés et de photographies faits avant-guerre — un des plus longs chantiers de restauration d'Allemagne.
📍 Residenz München, Residenzstraße 1, 80333 München
🏛️ 16:30 Siegestor, l'arc de triomphe
Martin Falbisoner / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Arc de triomphe de Louis Ier au bout de la Ludwigstraße, surmonté de la Bavaria sur son quadrige de lions.
Louis Ier voulait une avenue romaine à Munich : ce sera la Ludwigstraße, fermée au sud par la Feldherrnhalle et au nord par cet arc, bâti de 1843 à 1852 sur le modèle de l'arc de Constantin. Au sommet, la Bavaria conduit un quadrige tiré par des lions.
Il célébrait l'armée bavaroise et ses campagnes contre Napoléon. Les bombardements de 1944 l'ont réduit aux trois quarts en ruine.
On aurait pu le refaire à l'identique. On ne l'a pas fait : restauré à moitié seulement, il porte depuis 1958 une inscription sur sa face nord — « Dédié à la victoire, détruit par la guerre, appelant à la paix ». C'est ce demi-effacement volontaire qui en fait, aujourd'hui, un monument intéressant.
📍 Siegestor, Ludwigstraße, 80539 München
Vendredi 28 août
Mémorial de Dachau, puis les lacs de Schliersee
🕯️ 10:15 Mémorial du camp de concentration de Dachau
Schlaier / CC BY 3.0 — Wikimedia Commons
Arrivée sur le site vers 10h15. Entrée libre, prévoir 3 à 4 heures.
Dachau a ouvert le 22 mars 1933, sept semaines après l'arrivée de Hitler au pouvoir : c'est le premier camp de concentration nazi, et le seul qui ait fonctionné pendant les douze années du régime.
Il a servi de modèle à tous les autres. L'organisation, la hiérarchie des SS, le règlement intérieur, jusqu'à l'inscription « Arbeit macht frei » sur la grille, y ont été mis au point puis exportés. Une école de commandants de camp y était installée.
Plus de 200 000 personnes y ont été internées, au moins 41 500 y sont mortes. Les Américains ont libéré le camp le 29 avril 1945 et ont découvert des wagons remplis de cadavres. Le mémorial a été créé en 1965, à la demande des survivants — contre l'avis d'une partie des habitants de la ville.
Ce n'est pas un site touristique : le silence, la tenue et l'absence de photographies de soi y sont attendus.
📍 KZ-Gedenkstätte Dachau, Alte Römerstraße 75, 85221 Dachau
🌲 15:45 Balade au bord du Spitzingsee
Stephan Baum at de.wikipedia / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Tour du lac, montagnes en fond.
Un lac de montagne à 1080 m, dans un cirque entouré de sommets. Il était déjà mentionné au Moyen Âge comme réserve de pêche des moines de Schliersee, en contrebas.
La route qui y monte n'a été percée qu'au XXe siècle : jusque-là, on y accédait à pied ou à dos de mulet. Cet isolement lui a laissé des rives presque entièrement libres de constructions, ce qui se voit tout de suite quand on le compare aux grands lacs de plaine.
📍 Spitzingsee, 83727 Schliersee
🌲 17:00 Schliersee
Carsten Steger / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Le grand lac en contrebas, sur la route du retour : promenade au bord de l'eau, cafés, bateau.
Le village doit son existence à une collégiale fondée au VIIIe siècle, l'une des plus anciennes de Haute-Bavière — bien avant Munich, qui n'apparaîtra qu'en 1158.
Au XIXe siècle, le chemin de fer a mis le lac à une heure de Munich et les Munichois s'y sont installés pour l'été : villas au bord de l'eau, promenade aménagée, bateaux à passagers. Le théâtre paysan local, le Bauerntheater, y joue depuis 1892.
📍 Schliersee, Seestraße, 83727 Schliersee
Samedi 29 août
Chiemsee, Herrenchiemsee & Parc Olympique
🏰 13:00 Schloss Herrenchiemsee
rjones0856 / CC BY 2.0 — Wikimedia Commons
Le « Versailles bavarois » de Louis II, sur l'île de Herrenchiemsee. Visite guidée obligatoire.
Louis II a acheté l'île entière en 1873, pour empêcher qu'on n'y coupe les arbres — et parce qu'il y voyait le décor de son grand projet : un nouveau Versailles, en hommage à Louis XIV, le roi absolu qu'il admirait sans réserve.
Le chantier a duré de 1878 à 1886. La galerie des Glaces est plus longue que celle de Versailles (98 m) et éclairée par 2 000 bougies ; l'escalier d'honneur reprend celui, disparu, des Ambassadeurs.
Le roi n'y a séjourné que dix jours, en septembre 1885, seul. Sa mort l'année suivante a arrêté les travaux : deux tiers des pièces n'ont jamais été construites, et les ailes inachevées ont été démolies. Le château avait déjà englouti plus d'argent que Neuschwanstein et Linderhof réunis.
📍 Schloss Herrenchiemsee, 83209 Herrenchiemsee
🏰 14:30 Altes Schloss : l'ancien monastère de la Herreninsel
Carsten Steger / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
L'ancienne abbaye augustinienne de l'île, à quelques minutes de marche du château de Louis II.
Bien avant le Versailles bavarois, l'île avait un monastère : une abbaye fondée vers 765, l'une des plus anciennes de Bavière, tenue à partir du XIIe siècle par des chanoines augustins et siège de l'évêché de Chiemsee pendant près de six siècles. La sécularisation de 1803 y met fin d'un trait de plume : les bâtiments sont vendus, transformés en brasserie puis en auberge, et les nouveaux propriétaires commencent à abattre la forêt de l'île.
C'est ce qui décide Louis II : en 1873 il achète l'île entière, d'abord pour arrêter les bûcherons. Il s'installe dans l'aile du vieux château pendant les travaux de son château neuf, à quelques centaines de mètres — il a suivi son chantier depuis les fenêtres d'un couvent.
En août 1948, ces mêmes murs abritent le Convent constitutionnel de Herrenchiemsee : pendant deux semaines, les délégués des Länder de l'ouest y rédigent l'avant-projet de la Loi fondamentale allemande. La démocratie de l'Allemagne d'après-guerre a été esquissée dans une ancienne abbaye, sur une île, à l'écart de tout.
📍 Altes Schloss Herrenchiemsee, 83209 Chiemsee
🌲 18:30 Parc Olympique
Gras-Ober / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Le parc, le lac et la grande tente-toit des Jeux de 1972, parcourus en fin de journée au retour du Chiemsee. Juste en face de l'hôtel.
Le terrain était un champ d'aviation, puis une décharge : la colline qui domine le parc est faite des gravats de Munich détruite, entassés après 1945. Les Jeux de 1972 devaient montrer une Allemagne réconciliée, légère, à l'opposé de ceux de Berlin en 1936.
D'où cette architecture : le toit de Frei Otto et Günther Behnisch, une immense tente de câbles et de plexiglas qui ne pèse presque rien et n'écrase personne. C'était un pari technique, calculé sur les tout premiers ordinateurs de structure.
Le 5 septembre 1972, un commando palestinien a pris en otage l'équipe olympique israélienne ; onze athlètes et entraîneurs, un policier allemand et cinq preneurs d'otages sont morts. Un mémorial discret leur est consacré dans le parc, près du village olympique.
📍 Olympiapark, Spiridon-Louis-Ring 21, 80809 München
Dimanche 30 août
Châteaux royaux : Hohenschwangau & Neuschwanstein
🌲 09:45 Petit tour au bord de l'Alpsee
Jakub Hałun / CC BY 4.0 — Wikimedia Commons
Aller-retour tranquille sur la rive, sans faire le tour complet du lac : le sentier longe l'eau dès le parking, avec la vue sur Hohenschwangau.
Le lac au pied des deux châteaux, retenu par un verrou glaciaire. Louis II y nageait enfant, et l'un des tableaux les plus connus du roi le montre en barque sur ces eaux.
Il est resté remarquablement propre — on s'y baigne encore — et le sentier qui en fait le tour, presque plat, offre le meilleur point de vue sur Hohenschwangau, château et lac dans le même cadre.
📍 Alpsee, 87645 Schwangau
🖼️ 10:45 Musée des rois de Bavière
Arnaud 25 / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Au bord de l'Alpsee, juste à côté du parking. Billet sur place, sans réservation et sans créneau imposé : on entre quand on veut. Non compris dans le Königsticket.
Ouvert en 2011 dans l'ancien hôtel Alpenrose, au bord de l'Alpsee, il raconte la dynastie des Wittelsbach plutôt que les seuls châteaux : huit siècles de règne, dont soixante-dix ans seulement en tant que rois.
On y voit les objets personnels que les châteaux ne montrent pas — le manteau de couronnement, l'épée, des lettres — et surtout de quoi comprendre le personnage de Louis II autrement que par la légende du roi fou : un souverain sans pouvoir réel, dont la Bavière venait d'être absorbée dans l'Empire allemand en 1871.
📍 Museum der bayerischen Könige, Alpseestraße 27, 87645 Schwangau
🏰 13:40 Château de Hohenschwangau
Llez / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Château d'enfance de Louis II. Tour 168, visite guidée en anglais.
Ce n'est pas un château de Louis II, mais celui de son père. Maximilien II a racheté en 1832 les ruines de la forteresse médiévale de Schwanstein et l'a fait rebâtir en cinq ans, dans le goût néogothique alors à la mode.
Louis II y a passé toute son enfance, au milieu de fresques représentant des légendes germaniques — dont celle de Lohengrin, le chevalier au cygne. On mesure mieux, en les voyant, d'où vient Neuschwanstein : le roi n'a pas inventé son univers, il a grandi dedans.
Le château n'a jamais été détruit ni pillé : le mobilier est d'origine, y compris le piano sur lequel Wagner a joué lors de ses visites.
📍 Schloss Hohenschwangau, 87645 Schwangau
🌲 16:10 Marienbrücke
Waldemar L / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Le point de vue des photos célèbres, en surplomb des gorges — vu avant d'entrer dans le château, tant qu'il reste de la marge sur l'horaire du billet.
Le pont porte le nom de Marie de Prusse, mère de Louis II, pour qui Maximilien II l'avait fait jeter en bois au-dessus de la gorge du Pöllat, à 90 m du fond.
Louis II l'a fait refaire en fer en 1866 — c'était un homme de son siècle bien plus qu'on ne le dit. Il aimait s'y tenir la nuit pour regarder son château illuminé.
C'est de là qu'est prise la photographie que le monde entier connaît. La passerelle est étroite et le monde entier veut la même photo : la patience fait partie de la visite.
📍 Marienbrücke, 87645 Schwangau
🏰 17:05 Château de Neuschwanstein
Thomas Wolf, www.foto-tw.de / CC BY-SA 3.0 de — Wikimedia Commons
Le château de Louis II. Tour 509, audioguide en français.
La première pierre est posée en 1869. Louis II veut un château de chevaliers comme dans les opéras de Wagner, bâti sur un éperon face à la maison de son enfance. Il le paie sur sa cassette personnelle, pas sur le trésor de l'État — mais s'endette au point que ses ministres s'en alarment.
En 1886, il est déclaré fou par une commission de médecins dont aucun ne l'a examiné, déposé, et meurt trois jours plus tard dans le lac de Starnberg. Le château est inachevé : quatorze pièces terminées sur plus de deux cents.
Sept semaines après sa mort, la Bavière l'ouvrait au public pour rembourser les dettes. Il reçoit aujourd'hui près d'un million et demi de visiteurs par an, et a servi de modèle au château de Disney — l'ironie étant que ce décor de conte a été construit avec l'acier, les ascenseurs et le chauffage central de son temps.
📍 Schloss Neuschwanstein, Neuschwansteinstraße 20, 87645 Schwangau
Lundi 31 août
Herzogstand, abbaye d'Andechs & Votivkapelle de Berg
🌲 09:30 Télécabine Herzogstandbahn
Geoprofi Lars / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Montée en 4 minutes depuis le parking, ce qui évite les ~1000 m de dénivelé du sentier complet.
Avant la remontée, on montait au Herzogstand comme Louis II : à pied ou à cheval, en trois heures. La montagne recevait pourtant du monde dès le XIXe siècle — le roi y avait son pavillon, et l'auberge du sommet accueillait les marcheurs venus de Munich par le train de Kochel.
Le premier télésiège date de 1954. Il n'a pas fait une longue carrière : le 20 mars 1955, le câble tracteur, mal contrôlé, s'est rompu — deux morts et six blessés graves. L'accident a marqué la vallée et pesé longtemps sur la réglementation bavaroise des remontées mécaniques.
L'installation actuelle n'a plus rien à voir : c'est une télécabine à va-et-vient construite en 1994 par le sud-tyrolien Hölzl, 1 388 m de long, de 809 m à 1 600 m d'altitude, quatre minutes de trajet à 8 m/s, entièrement remise à neuf côté commandes et sécurité en 2018. Elle appartient pour moitié à la commune de Kochel am See : c'est un équipement public, pas une attraction privée.
📍 Herzogstandbahn Talstation, Am Kesselberg, 82431 Kochel am See
🌲 10:00 Vue depuis la station haute et balade jusqu'au refuge
Ytse-Jam / CC BY 3.0 — Wikimedia Commons
Sentier large et quasiment plat depuis la station haute, jusqu'au balcon sur le Walchensee.
Le Herzogstand était la montagne préférée de Louis II. Son père y avait fait bâtir un pavillon de chasse, et le roi y montait à cheval pour regarder le Walchensee — il tenait à ce que le pavillon soit éclairé la nuit, visible depuis la vallée. Il a brûlé en 1897, onze ans après sa mort.
Le lac en contrebas, d'un bleu presque irréel, doit sa couleur à sa profondeur (190 m) et à la finesse des sédiments calcaires en suspension.
Depuis 1924, il alimente la centrale de Walchensee : 200 m de dénivelé le séparent du Kochelsee, en contrebas, et cette différence produit encore aujourd'hui de l'électricité. C'était à l'époque la plus grande centrale hydroélectrique par accumulation d'Europe.
📍 Herzogstandhaus, 82431 Kochel am See
🏰 14:30 Abbaye d'Andechs
Mattana / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Abbaye bénédictine perchée sur le Heiliger Berg : église de pèlerinage rococo, vue sur l'Ammersee et les Alpes, brasserie monastique.
La colline s'appelle le Heiliger Berg, la sainte montagne : depuis le XIIe siècle, les pèlerins y montent vénérer des reliques rapportées de Terre sainte et de Rome par les comtes d'Andechs, cachées puis retrouvées, dit la tradition, grâce à une souris.
Les bénédictins s'y sont installés en 1455, et ils brassent de la bière depuis presque aussi longtemps — ce n'est pas une activité annexe : elle finance le monastère, ses ateliers et ses œuvres. L'abbaye dépend aujourd'hui de celle de Saint-Boniface, à Munich.
L'église a été rhabillée en rococo au XVIIIe siècle par Johann Baptist Zimmermann, le stucateur de la Wieskirche. Dans la chapelle du souvenir repose Carl Orff, le compositeur des Carmina Burana, mort en 1982 : il avait demandé à être enterré ici.
📍 Kloster Andechs, Bergstraße 2, 82346 Andechs
🕯️ 16:10 Votivkapelle de Berg, où Louis II est mort
Flocci Nivis / CC BY 4.0 — Wikimedia Commons
Chapelle commémorative au bord du Starnberger See, au-dessus de l'endroit où le roi a été retrouvé noyé le 13 juin 1886.
Le 12 juin 1886, Louis II, déposé la veille pour aliénation mentale, est conduit sous escorte au château de Berg. Le lendemain soir, il sort se promener au bord du lac avec le professeur von Gudden, le psychiatre qui avait signé son internement sans jamais l'avoir examiné. Aucun des deux ne revient.
On les retrouve dans l'eau peu profonde vers 23h. Le roi mesurait 1,91 m et savait nager ; von Gudden portait des traces de coups au visage. La version officielle — suicide par noyade — n'a jamais convaincu personne, et le dossier d'autopsie n'a pas tranché. Meurtre, tentative de fuite, crise cardiaque : les hypothèses tiennent toujours.
Une croix de bois plantée dans l'eau marque l'endroit. Sa mère, la reine Marie, y a fait poser une lanterne des morts au premier anniversaire, et la chapelle a été bâtie de 1896 à 1900 par Julius Hofmann — l'architecte qui avait achevé Neuschwanstein et Herrenchiemsee pour le roi.
Chaque année, le dimanche suivant le 13 juin, une messe commémorative rassemble ici les fidèles bavarois de Louis II. Ils sont encore nombreux.
📍 Votivkapelle, 82335 Berg
Mardi 1er septembre
Excursion à Salzbourg
🖼️ 12:10 Maison natale de Mozart
Andrew Bossi / CC BY-SA 2.5 — Wikimedia Commons
Getreidegasse 9, dans la vieille ville.
Wolfgang Amadeus Mozart est né ici le 27 janvier 1756, au troisième étage, dans l'appartement que la famille louait au marchand Hagenauer. Ils y sont restés vingt-six ans.
Le père, Leopold, était violoniste à la cour de l'archevêque et auteur d'une méthode de violon célèbre en Europe : il a compris très tôt ce qu'il avait sous la main et a promené son fils et sa fille Nannerl de cour en cour dès l'âge de six ans.
La maison est devenue musée en 1880, l'un des plus anciens musées consacrés à un musicien. On y voit son violon d'enfant, son clavicorde et des lettres de la famille — la correspondance des Mozart est l'une des sources les plus vivantes du XVIIIe siècle.
📍 Mozarts Geburtshaus, Getreidegasse 9, 5020 Salzburg
🖼️ 13:35 Résidence de Mozart (Mozart-Wohnhaus)
Andrew Bossi / CC BY-SA 2.5 — Wikimedia Commons
Makartplatz 8, rive droite. La maison où la famille a vécu après la Getreidegasse.
La famille a quitté l'appartement loué de la Getreidegasse en 1773 pour s'installer ici, dans la « maison du maître à danser » : huit pièces au lieu de trois, avec une salle assez grande pour recevoir et faire de la musique. Mozart y a vécu jusqu'à son départ pour Vienne, à 25 ans.
C'est la maison des œuvres de jeunesse et des tensions : les symphonies et concertos salzbourgeois y sont écrits, pendant que Wolfgang supporte de plus en plus mal le service de l'archevêque Colloredo. Sa mère est morte à Paris en 1778, sa sœur Nannerl y est restée seule avec Leopold.
Le bâtiment a été détruit aux trois quarts par une bombe en 1944 et reconstruit à l'identique en 1996. Le musée présente des instruments de la famille — dont le pianoforte de Mozart — et surtout la correspondance, plus intime qu'à la maison natale.
📍 Mozart-Wohnhaus, Makartplatz 8, 5020 Salzburg
🏛️ 15:00 Vieille ville de Salzbourg
Jorge Franganillo / CC BY 2.0 — Wikimedia Commons
Getreidegasse, cathédrale, places baroques. Classée à l'UNESCO.
Salzbourg a été gouvernée pendant huit siècles par des archevêques qui étaient aussi princes souverains : ni l'Autriche ni la Bavière n'y commandaient. Leur fortune venait du sel des mines voisines — Salzach, la rivière, veut dire « eau du sel ».
C'est cet argent qui a payé la ville que l'on voit : au début du XVIIe siècle, le prince-archevêque Wolf Dietrich fait raser des quartiers entiers pour reconstruire à l'italienne, avec des places, des perspectives et une cathédrale baroque. Il voulait une Rome au nord des Alpes.
La Getreidegasse, elle, est restée médiévale : maisons étroites, cours traversantes et surtout ces enseignes en fer forgé, qui servaient à se repérer quand peu de gens savaient lire. Même McDonald's a dû s'y plier. La vieille ville est classée par l'UNESCO depuis 1996.
📍 Altstadt Salzburg, 5020 Salzburg
🏰 16:25 Forteresse de Hohensalzburgnon faite
Andreas Stiasny / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Forteresse dominant la ville, l'une des plus grandes d'Europe centrale.
Commencée en 1077 par l'archevêque Gebhard, en pleine querelle des Investitures : le pape et l'empereur se disputaient la nomination des évêques, et Salzbourg tenait pour le pape. Il fallait donc une place forte.
Elle a été agrandie pendant cinq siècles, surtout par Leonhard von Keutschach vers 1500 — c'est de lui que viennent les appartements princiers et le fameux orgue mécanique, surnommé « le taureau de Salzbourg », qui sonnait matin et soir.
Avec ses 7 000 m², c'est l'une des plus grandes forteresses médiévales conservées d'Europe, et elle n'a jamais été prise d'assaut. Sa seule reddition remonte à 1525, quand des mineurs et des paysans révoltés l'ont assiégée — sans succès.
📍 Festung Hohensalzburg, Mönchsberg 34, 5020 Salzburg
🌲 18:50 Jardins de Mirabell
Isiwal / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Jardins baroques avec vue sur la forteresse, sur la rive droite de la Salzach.
Le palais a été bâti en 1606 par le prince-archevêque Wolf Dietrich pour Salome Alt, la femme avec qui il vivait et dont il a eu quinze enfants — un arrangement que son entourage feignait d'ignorer. À sa chute, elle fut chassée et le palais rebaptisé.
Les jardins actuels datent de 1690, dessinés par Johann Bernhard Fischer von Erlach : parterres géométriques, statues mythologiques, et surtout un axe calculé pour que la forteresse apparaisse exactement dans l'ouverture de la perspective.
Le grand escalier et la fontaine sont mondialement connus depuis La Mélodie du bonheur (1965) : c'est là que les enfants von Trapp chantent Do-Ré-Mi. Le film est un pèlerinage pour les visiteurs anglophones, et reste à peu près inconnu des Autrichiens.
📍 Mirabellgarten, 5020 Salzburg
Mercredi 2 septembre
Bavaria Filmstadt, Königsplatz, Saint-Michel & Hofbräuhaus
🖼️ 11:30 Bavaria Filmstadt
Emmanouil Kampitakis / CC BY-SA 3.0 — Wikimedia Commons
Les studios de cinéma de Munich : décors de tournage, visite guidée de 90 min et cinéma 4D. Arrivée vers 11h30, visite guidée partie à 12h09, départ du site vers 14h30.
On tourne à Geiselgasteig depuis 1919 : c'est l'un des plus vieux studios de cinéma d'Europe encore en activité, et le plus grand d'Allemagne aujourd'hui.
Deux décors ont fait sa réputation mondiale : le sous-marin du Bateau (Das Boot, 1981) de Wolfgang Petersen, reconstitué au millimètre et monté sur vérins, et le dragon Falkor de L'Histoire sans fin (1984). Fassbinder, Wim Wenders et Billy Wilder y ont travaillé.
Le site vit aussi de la télévision allemande — séries et téléfilms tournent toute l'année dans les halls voisins de ceux qu'on visite. La visite est donc doublement un décor : ce qu'on montre au public, et ce qui se tourne à côté.
📍 Bavaria Filmstadt, Bavariafilmplatz 7, 82031 Grünwald
🖼️ 15:00 Alte Pinakotheknon faite
AuHaidhausen / CC BY 4.0 — Wikimedia Commons
Peinture européenne du XIVe au XVIIIe : Dürer, Rubens, Rembrandt. Étape abandonnée, remplacée par le Königsplatz et l'église Saint-Michel.
Louis Ier a fait construire ce musée de 1826 à 1836 pour montrer au public la collection accumulée par les Wittelsbach depuis le XVIe siècle. À son ouverture, c'était le plus grand musée du monde, et son plan — une enfilade de salles éclairées par le haut, avec des cabinets latéraux pour les petits formats — a été copié dans toute l'Europe.
On y voit Dürer, Altdorfer, Cranach, Rubens (la plus grande collection au monde), Rembrandt, Murillo, Léonard. Les rois ont acheté en bloc des collections entières, ce qui explique la profondeur inhabituelle de certaines salles.
En 1945, le bâtiment était éventré. Plutôt que de refaire à l'identique, l'architecte Hans Döllgast a rebouché la brèche en brique nue, sans imiter la pierre : la cicatrice se voit encore sur la façade sud. C'est devenu un cas d'école de la restauration honnête.
📍 Alte Pinakothek, Barer Straße 27, 80333 München
🏛️ 15:45 Königsplatz
Diego Delso / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
La place néoclassique de Louis Ier : Propylées, Glyptothèque et Antikensammlungen, vues de l'extérieur.
Louis Ier voulait faire de Munich « l'Athènes de l'Isar » : il a commandé à Leo von Klenze une place entièrement grecque, ouverte sur trois monuments — les Propylées, la Glyptothèque et les Antikensammlungen.
Les nazis l'ont pavée de dalles de granit et bordée de deux « temples d'honneur » pour en faire un lieu de cérémonie ; les temples ont été dynamités en 1947 et leurs soubassements sont encore visibles sous les arbres.
La pelouse a été rendue à la place dans les années 1980. Le quartier autour, le Kunstareal, concentre les grands musées de Munich.
📍 Königsplatz, 80333 München
🖼️ 16:45 Église Saint-Michel : la crypte des Wittelsbach
Fred Romero / CC BY 2.0 — Wikimedia Commons
Passage par la Karlsplatz (Stachus) puis la Neuhauser Straße jusqu'à la Michaelskirche, pour descendre dans la crypte où repose Louis II de Bavière.
Saint-Michel a été bâtie de 1583 à 1597 par le duc Guillaume V, celui-là même qui a fondé la brasserie de la cour : c'est la plus grande église Renaissance au nord des Alpes, et la vitrine de la Contre-Réforme en Bavière.
Sa voûte en berceau de 20 m de portée, sans piliers intermédiaires, était une prouesse — la première tour s'est d'ailleurs effondrée pendant le chantier, ce que Guillaume V a pris pour un signe d'agrandir l'église plutôt que de la réduire.
La crypte des princes abrite une quarantaine de Wittelsbach, dont Guillaume V lui-même, Maximilien Ier et surtout Louis II, mort noyé dans le lac de Starnberg en 1886 ; sa tombe est presque toujours couverte de fleurs déposées par les visiteurs. Son cœur, lui, est à Altötting, selon la tradition de la dynastie.
📍 Michaelskirche, Neuhauser Str. 6, 80333 München
🍽️ 20:00 Dîner au Hofbräuhaus
Nicoasc / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Brasserie historique. Table réservée à 20h00.
En 1589, le duc Guillaume V trouvait la bière de sa cour trop chère à faire venir de Basse-Saxe : il a fondé sa propre brasserie ducale. « Hofbräu » veut dire exactement cela — la brasserie de la cour.
Elle n'a été ouverte au grand public qu'en 1828, sur décision du roi Louis Ier. Le bâtiment actuel, avec sa grande salle voûtée et sa fresque, date de 1897.
C'est l'une des salles les plus chargées d'histoire de Munich, et pas seulement pour de bonnes raisons : Lénine y buvait pendant son exil munichois, et c'est dans la salle des fêtes du premier étage que le parti nazi a proclamé son programme en février 1920. La maison ne s'en cache pas ; une plaque le rappelle.
📍 Hofbräuhaus München, Platzl 9, 80331 München
🏛️ 21:30 Marienplatz de nuit
Miguel Mendez / CC BY 2.0 — Wikimedia Commons
Retour sur la Marienplatz après le dîner pour les vues de nuit : Neues Rathaus éclairé, Frauenkirche et les tours au-dessus des toits. Départ de la place vers 21h45.
📍 Marienplatz, 80331 München
Jeudi 3 septembre
BMW Welt, Nymphenburg & Jardin Anglais
🖼️ 10:30 BMW Welt & Musée BMW
Richard Bartz / CC BY-SA 2.5 — Wikimedia Commons
BMW Welt est en accès libre, le musée est payant.
BMW est née en 1916 pour construire des moteurs d'avion — d'où le logo, souvent pris pour une hélice en mouvement, alors qu'il reprend simplement les losanges bleus et blancs du drapeau bavarois. Le traité de Versailles ayant interdit l'aviation allemande, la firme s'est repliée sur la moto en 1923, puis l'automobile.
La tour du siège, dite « les quatre cylindres », et le musée en forme de bol ont été inaugurés en 1972, pour les Jeux : quatre tubes suspendus à un mât central, construits par le haut.
BMW Welt, en face, ne date que de 2007. C'est une salle de livraison des voitures neuves autant qu'un bâtiment-spectacle, signée de l'agence viennoise Coop Himmelb(l)au — d'où ce toit en tourbillon qui semble se visser dans le sol.
📍 BMW Welt, Am Olympiapark 1, 80809 München
🏰 13:30 Château de Nymphenburg et ses jardins
GFreihalter / CC BY-SA 4.0 — Wikimedia Commons
Départ de BMW Welt à 13h30, arrivée au château vers 14h05. Résidence d'été des Wittelsbach, immense parc à l'anglaise avec canaux et pavillons.
Le château est né d'une naissance : celle de Max Emanuel en 1662, l'héritier attendu depuis dix ans par l'électeur Ferdinand Marie et sa femme Henriette Adélaïde de Savoie. Le pavillon italien offert à la mère pour l'occasion, en 1664, est le cube central que l'on voit encore au milieu de la façade.
Chaque génération a ajouté une aile, puis une galerie, puis un jardin : d'un pavillon de campagne, on est passé à une façade de 700 m, plus longue que celle de Versailles. Le parc de 200 hectares a été redessiné à l'anglaise au XIXe siècle par Friedrich Ludwig von Sckell, à qui l'on doit aussi le Jardin Anglais.
Deux choses à ne pas manquer : la galerie des Beautés, trente-six portraits de femmes que Louis Ier trouvait belles, sans distinction de rang — dont la danseuse Lola Montez, dont la liaison lui coûta son trône en 1848. Et, dans le parc, l'Amalienburg, pavillon de chasse rococo de 1739 par François de Cuvilliés, souvent tenu pour la plus belle pièce du genre en Europe.
Louis II y est né, dans l'aile sud, le 25 août 1845.
📍 Schloss Nymphenburg, 80638 München
🌲 17:45 Jardin Anglais (partie sud)
Jakub Hałun / CC BY 4.0 — Wikimedia Commons
Monopteros pour la vue sur la ville en fin de journée, et les surfeurs de la vague de l'Eisbach au niveau du pont de Prinzregentenstraße.
Ouvert en 1789, c'est l'un des premiers grands parcs publics d'Europe — antérieur à Central Park de soixante-dix ans. L'idée vient de Benjamin Thompson, un Américain resté fidèle à la Couronne pendant la guerre d'Indépendance, passé au service de la Bavière, qui devint comte Rumford : il voulait un terrain d'exercice militaire doublé d'un jardin ouvert à tous.
Le mot « anglais » n'est pas décoratif : il s'oppose au jardin à la française. Ici, pas d'axes ni de parterres taillés, mais des prairies, des bosquets et des chemins qui serpentent. Avec 375 hectares, il est plus grand que Hyde Park.
Le petit temple rond, le Monopteros, a été posé sur sa butte artificielle en 1836 par Leo von Klenze. Et sous le pont de la Prinzregentenstraße, l'Eisbach forme une vague permanente où l'on surfe depuis les années 1970 — longtemps toléré, officiellement autorisé depuis 2010.
📍 Englischer Garten, 80538 München